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LA SOFTERIE

Une expérimentation de psychiatrie populaire de proximité & d'économie solidaire et sociale par la production et la vente de boissons (presque) sans alcool, de la cueillette à l'étiquette..

Petite histoire de la softerie

La Softerie c’est une idée qui circulait dans le Hangar depuis quelque temps. Au hangar on se questionne beaucoup sur le bar/buvette autogéré :

  • Comment et avec quoi on remplit le bar ?
  • Qu’est-ce que ça veut dire autogéré ? (On est souvent déficitaires, et certain..es ont de grosses dettes)
  • Est-ce qu’on encourage, facilite des consommations d’alcool problématiques, voire pathologiques ?
  • Est-ce que la vente d’alcool doit se faire toute la journée, tous les jours, sur tous les évènements ?
  • Est-ce que fête ou être ensemble rime forcément avec alcool ?
Bref, comment prendre soin du bar du Hangar et surtout, de celle..ux qui le fréquentent ?

Finalement c’est Maëh qui initiera l’aventure. Été 2025 i..el appelle la TECI pour proposer de venir faire un stage au Bar du Hangar. Ça tombe bien, les Journées Portes Ouvertes approchent et on veut faire les choses en grand. Cette fois-ci, pas question de vendre des sodas industriels comme alternative à l’alcool ! Alors on commence à préparer des boissons avec les plantes du jardin et les recettes des copaines : Sirops, Jus, Fermentation, La Softerie est lancée. Aux portes ouvertes, on nous fait des supers retours sur nos boissons. Alors on en prépare d’autres. On nous propose d’en vendre pendant la grande remontée de La Loire. Alors on continue à en faire. Et nous y voila, maintenant on nous propose même d’en faire pour des colloques parisiens et dans une célèbre galerie Blésoise ! Aujourd’hui, la Softerie illustre donc parfaitement la problématique qui anime la TECI :

Comment créer des « praticables »1 (i.e. espaces pédagogiques et thérapeutiques) à forte valeur émancipatrice, sociale et d’usage ?

Soigner l’Accueil et l’Ambiance

À la TECI, avant toute chose, nous cherchons à prendre soin. Et pour prendre soin — c’est évident — il faut commencer par prendre soin de la rencontre, du premier contact. Si, comme nous l’avons appris, «pour pouvoir accueillir quelqu’un, il s’agit de pouvoir arriver à construire un praticable» , la question restait pour nous de savoir :

Comment prendre soin de «l’accueil» — ou, dit autrement— à partir de quoi peut-on construire un praticable ?

Grâce à la rencontre avec Maëh et cette première expérience des «Journées Portes Ouvertes du Hangar» nous avons trouvé notre réponse :

C’est à partir des désirs des membres de la TECI que l’on construit un praticable. L’accueil, c’est donc avant tout prendre soin des petites idées comme des grands désirs de celle..ux qui viennent à notre rencontre.

Comme nous l’avons vu, initialement, la Softerie se crée pour répondre à une problématique a priori simple. Celle de la transformation d’un espace parfois perçu comme morbide et mortifère — le bar et les consommations alcooliques individualisées et autonomisées — vers un espace de convivialité, de partage et de rencontre. Ou, dit plus simplement et pour généraliser :

Comment soigner «l’ambiance» d’un lieu ?

Le bar c’est un lieu idéal pour traiter cette question. Au comptoir on fait souvent des rencontres, encore faut-il trouver quelque chose à partager avec les autres. Ça commence par ce que l’on met dans son verre, ce que l’on goûte et fait goûter, ce avec quoi on trinque. Maëh elle en savait déjà quelque chose, elle s’occupe déjà du «cluster» à la clinique de Saumery (c’est la petite boutique de la clinique). Cette fois c’est donc notre expérience des clubs thérapeutique qui nous a mis sur la voie :

L’ambiance c’est l’expérience commune que l’on fait d’un lieu, d’un moment. L’expérience de ce qui entre et sort de nos oreilles, notre bouche, nos yeux, notre nez, notre peau. Pour prendre soin de l’ambiance il faut prendre soin de ce qui se partage entre et avec celle..ux qui sont présent..es ; c’est offrir quelque choses à partager entre tous..tes. Finalement, prendre soin de l’ambiance c’est construire un praticable sur lequel chacun..e peut monter et trouver sa place.

Apprendre par l’expérimentation et la rencontre

Si ces premières expériences sont riches d’enseignements sur notre pratique du soin, pour faire la Softerie il faut aussi apprendre… à faire des softs. Ici, notre approche pédagogique consiste à nouveau a former une «communauté d’apprenant..es» dans laquelle les accompagnant..es «se positionne[nt] comme apprenant..e[s]». Nous nous appuyons sur deux piliers d’apprentissage :

C’est par l’expérimentation que nous parviendrons à identifier ce que nous voulons faire et comment y arriver et c’est par la rencontre avec et entre les participant..es puis, avec notre territoire, ses acteur..ices et ses habitant..es que nous pourrons acquérir les gestes et les savoirs nécessaires pour proposer des produits pertinents et de qualité.

Cette phase d’expérimentation que nous venons de vivre et qui ne fait que commencer est cruciale. Elle permet à celle..ux qui le souhaitent de s’approprier à leur rythme le praticable et nous permet de construire autour d’elle..ux une progression pédagogique qui bénéficiera à tous..tes. Cette phase est donc un terreau propice à l’élaboration d’un socle de concepts et de valeurs communs nécessaires pour penser la Softerie. On pense notamment aux notions d’alimentation et d’écologie, à l’économie sociale et solidaire et enfin à la question du travail et de l’entreprise. Bien évidemment, la Softerie se pare aussi d’un ensemble de gestes techniques, de savoirs et de réglementations nécessaires qu’il faudra identifier, intégrer, perfectionner et organiser pour mener à bien la production des boissons. Il faudra alors partir à la rencontre de celle..ux qui pourront nous accompagner dans notre démarche (associations, producteur..ices, institutions, etc.).

La Softerie est donc un objet protéiforme en devenir. Un espace d’apprentissage partagé qui tisse des liens entre le soin, le travail, l’écologie et la création de valeurs d’usage, sociales et sensibles. L’aventure ne fait que commencer et les perspectives sont déjà nombreuses : trouver des points de vente, cultiver notre jardin, fabriquer nos étiquettes et emballages, des boissons en circuit court pour toutes les saisons, participer à la réduction des risques en milieu festif ou ordinaire, autofinancer notre loyer, etc.


Nos lieux d’activités

Le Hangar Les Temps d’Arts

Les Mardis 17h30 - 19h00

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  1. « J’ai pensé que notre tâche serait d’essayer de construire, de fabriquer, des tenant-lieux d’espace transitionnel. Sur un mode collectif, c’est ce que j’ai appelé — en prenant un terme de technique théâtrale — des praticables. Pour pouvoir accueillir quelqu’un, il s’agit de pouvoir arriver à construire un praticable. Bien sûr, il ne faut pas chosifier. Il ne s’agit pas de construire une scène avec des planches […] mais la fonction praticable, c’est-à-dire une délimitation de scène construite et reconstruite en permanence — parce que c’est la scène la plus précaire qui soit — consiste à délimiter un site pour qu’il s’y passe quelque chose. » — OURY Jean, in Jacques Schotte (éd.), « Le Contact », Bibliothèque de pathoanalyse, Éditions universitaires, De Boeck Université, 1990, p. 115-116.↩︎